Interview du Collectif Deuxcentdix, pour Point à Point

Publié le 29 août 2016 / -

Point à Point est une performance interactive, une expérience collaborative et ludique, créée par le Collectif Deuxcentdix, en réponse à l’appel à projets étudiants Arts & Technologies lancé par l’association Electroni[k].

Vous pourrez découvrir Point à Point pour le festival Maintenant 2016 :
– les samedi 8 et 15 octobre pendant les Nuits Électroniques 1 & 3 à l’Antipode Mjc
– le samedi 15 et dimanche 16 octobre dans le cadre de Super Week-end ! au Cadran

Avant sa présentation, le collectif Deuxcentdix a répondu aux questions d’Émilie Kerebel, bénévole de l’association Electroni[k].

 

Bonjour le Collectif Deuxcentdix,
Pouvez-vous vous présenter ? Quel sont vos parcours ?

Nous sommes 5 étudiantes : Linn, Cécile, Manon, Élise et Bettina originaires de Paris ou Rennes.

Nous nous sommes rencontrées à l’Ecole Estienne à Paris dans le cadre de notre BTS Design Graphique option Médias Numériques, après une Mise à Niveau en Arts Appliqués dans différentes écoles parisiennes. Notre formation prépare particulièrement à la conception et à la mise en forme visuelle de supports multimédias (sites internet, applications….) et à la création d’images fixes ou animées (capture vidéo, animation 2D, synthèse 3D…).


Vous avez monté votre collectif, Deuxcentdix. Qu’est-ce qui vous a réuni ? Quel est le facteur commun qui vous relie ? Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Ce qui nous a réuni est tout d’abord une très bonne entente entre nous, portée par des valeurs communes comme notre volonté d’imaginer de nouvelles choses. Notre conception du design graphique et le fait que l’on soit toutes tournées vers l’actualité et l’innovation nous ont également rapprochées. De plus, nous avons une facilité à travailler ensemble et nos profils sont complémentaires, c’est ce qui marche bien.

Pour le nom, Deuxcentdix est un clin d’œil au numéro de la salle de cours où nous nous sommes rencontrées et qui nous a accueillie pendant ces deux dernières années.

Pourquoi avoir répondu à l’appel à projet étudiants du festival Maintenant ? Quel était votre objectif ?

Un an plus tôt, nous avions imaginé l’installation Point à Point qui fonctionnait et nous plaisait mais qui n’avait de suite prévue. Cet appel à projet était une belle opportunité pour continuer à faire vivre l’installation en dehors du contexte scolaire.

Maintenant est un festival auquel certaines d’entre nous avaient déjà participé, notre objectif était aussi d’avoir l’occasion de ne plus être spectateur mais de faire partie de ce festival mêlant des domaines qui nous passionnent toutes, comme la technologie, l’interactivité et l’innovation.

 

Comment est né votre projet, Point à Point ? Comment vous êtes-vous réparties le travail à 5 ?

Notre projet est né lors d’une semaine de workshop organisée par l’école Estienne en collaboration avec la Gaîté Lyrique et deux membres du Lab 212 où l’objectif était de concevoir un appareil qui réalise des clichés de lightpainting.

Nous voulions avant tout réaliser un appareil qui permette une expérience originale, ludique et interactive. Les notions de jeu et d’échange étaient très présentes dès le début de notre réflexion.

Beaucoup d’essais et d’expérimentations ont été nécessaires pendant la semaine du workshop, chacune pouvait tester et proposer ses idées pour enrichir le projet. Par la suite, le travail s’est réparti assez naturellement en fonction des envies et des capacités de chacune.

Qu’attendez-vous du festival Maintenant ?

Maintenant est pour nous l’occasion de présenter Point à Point à un public très large pour la première fois. Le festival nous permet d’envisager notre travail différemment et de découvrir une nouvelle facette du monde professionnel.

Point à Point étant avant tout une expérience interactive, nous avons hâte d’avoir les réactions et commentaires, mais surtout de voir comment le public se l’appropriera, ce qui nous permettra par la suite de faire mûrir le projet, le faire évoluer.


Quelles sont vos influences ? Vos univers de création artistique ?

Bien que chacune ait ses propres références et son univers, nous sommes toutes passionnées par la recherche en lien avec les nouveaux médias et l’innovation, mais également par l’imagination d’expériences immersives, évolutives et interactives qui permettent d’interagir physiquement avec le numérique, où le spectateur devient aussi acteur.

Nous participons régulièrement aux expositions et rencontres organisées par les centres culturels comme Le Cube ou la Gaîté Lyrique qui interrogent la place du design et des nouvelles technologies.

Au moment du workshop, l’exposition Capitaine Futur à la Gaité Lyrique présentait les installations Murmur de Chevalvert et Starfield du Lab 212 par exemple, qui, nourries de nos références personnelles ont servi d’influences pour créer Point à Point.

D’où vient le nom de votre performance, Point à Point ?

L’installation réinvente le principe des jeux de point à relier, mais cette fois, le corps devient le pinceau, la lumière devient la peinture et la pièce le support. Un des joueurs guide vocalement l’autre joueur pour qu’il suive les points numérotés. Le dessin se crée donc par étape, point par point.


Pouvez-vous m’expliquer votre projet ? Quelles technologies utilisez-vous ?

Un premier joueur se place dans une salle obscure, il porte un casque équipé d’une source lumineuse en son sommet. Un appareil photo et une caméra sont placés au-dessus de lui.

Un deuxième joueur s’installe dans un espace séparé. Il a à sa disposition un écran et un micro qui lui permettent de voir et de communiquer en temps réel avec son collaborateur. L’objectif va être pour celui-ci de guider son partenaire pour le faire relier des points numérotés sur son écran. À la fin du parcours, la photo s’arrête et apparaît à l’écran. Le lightpainting est généré.

Vous parlez de « création collective », pourquoi avoir souhaité travailler autour de ce thème ?

Créer un projet à plusieurs permet d’amener une idée plus loin que si elle avait été imaginée par une seule personne, c’est pourquoi l’idée de collectivité est importante pour nous. La collaboration va même plus loin puisque le projet vise à réunir des personnes, les faire interagir pour créer ensemble des images. Sans public, il n’y a pas d’expérience ni de création. Plus qu’une création collective, Point à Point est une création collaborative.

Et la suite, comment la voyez-vous ? Quels sont vos projets ? Collectivement ou individuellement ?

Electroni[k] nous a permis de donner vie à Point à Point, notre objectif est désormais de proposer l’installation à d’autres festivals numériques, à d’autres publics, pour continuer à la faire évoluer.

Nous continuons chacune nos études, dans le design interactif, la stratégie de communication et plus généralement dans les arts visuels. Nous pensons nous retrouver par la suite avec nos nouveaux acquis, nos nouvelles idées pour créer et imaginer d’autres projets.

Propos recueillis par Émilie Kerebel